Agroforesterie

[Dernière mise à jour : 30/01/2009]

En Wallonie, la « forêt paysanne » s’appuie sur un certain nombre d’expériences ou actions pilotes à caractère exemplaire pour vulgariser des solutions techniques peu coûteuses, contribuant à l’accroissement quantitatif et qualitatif des ressources sylvicoles. Le Centre de Développement Agroforestier de Chimay a été impliqué dans deux chantiers au niveau européen :

 

  • le boisement de terres agricoles : tests en champ de modèles et d’itinéraires technico-économiques ayant abouti à la rédaction d’un manuel technique détaillant et mettant en cohérence les connaissances européennes (action européenne COST BOISTERRA).
  • la plantation et l’entretien de haies : pratiques exemplaires ou innovantes en Europe avec leurs atouts et limites du point de vue technique, agricole, environnemental, sylvicole et paysager (action européenne COST BOISTERRA).

 

  

 

Si planter un arbre est un cadeau pour les générations futures, l'art de réussir des boisements sur terres agricoles dans le respect des lois et des principes biologiques et celui d'appliquer des techniques efficaces aptes à maîtriser leur développement sont autant de défis que doit relever tout candidat boiseur.

 

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Quatre étapes peuvent être distinguées pour réussir son BTA (boisement de terres agricoles)

 

  • démarche préalable : pour valider la faisabilité d'un projet de boisement, le boiseur doit d'abord définir ses objectifs, analyser les contraintes externes et internes, analyser la station pour choisir la ou les essence(s) optimale(s), choisir une provenance et des plants de qualité, programmer et choisir le modèle de boisement …
  • préparer le boisement : l'avenir d'une plantation forestière sur terre agricole dépend en grande partie de la qualité des travaux de préparation du terrain à boiser. Les travaux préparatoires ont pour but principal d'améliorer la disponibilité en eau du sol, son aération, la pénétration racinaire des plants forestiers et éventuellement, sa composition chimique.
  • réaliser le boisement : pour réussir un boisement sur terres agricoles, acheter des bons plants ne suffit pas. Deux précautions fondamentales doivent être respectées : garder frais les jeunes arbres jusqu'à leur mise en terre et les protéger ensuite contre les attaques de gibier.
  • entretenir le boisement : l'absence de suivi des arbres a toujours de lourdes conséquences sur le plan économique et écologique. Abandonné à la concurrence de la végétation naturelle, un boisement risque d'être totalement anéanti. Les tailles et les élagages se justifient dans les parcelles boisées susceptibles de produire du bois d'oeuvre
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Démarche préalable


 

Arbres, haies, boqueteaux, bandes boisées, massifs forestiers sont susceptibles d'assurer différentes productions et fonctions. Dans l'élaboration de son projet, le boiseur doit décider celles qu'il souhaite privilégier et qui ne sont pas forcément assurées toutes à la fois par chaque type de boisement : ici, les problèmes d'érosion dominent ; là, c'est du vent qu'il faut se protéger ; ailleurs, la production de bois de chauffage retrouve sa raison d'être ; plus loin, c'est un capital bois d'oeuvre que l'on veut constituer...

 

 

La faisabilité d'un boisement de terres agricoles dépend d'abord de contraintes externes au projet d'aménagement forestier : respecter les réglementations en vigueur et souscrire aux dispositions fiscales. Ensuite, le boiseur s'interroge sur ses motivations, son niveau de compétence et ses disponibilités en main d'oeuvre, temps, matériel et moyens financiers : il s'agit des contraintes internes du boisement.

 

La préparation du terrain, le choix de l'essence puis des plants, la technique de mise en place et enfin, les entretiens ultérieurs sont autant de facteurs qui vont jouer un rôle important pour réussir un boisement. Le calendrier des travaux précise les interventions à effectuer et l'itinéraire technique de boisement formule les opérations culturales à appliquer.

 

 

Préparer le boisement


 

 

Que l'on envisage ou non un labour avant plantation, l'élimination ou la réduction de la couverture végétale par des moyens mécaniques ou chimiques est l'une des conditions essentielles pour la réussite d'un boisement sur terre agricole.

 

L'excès d'eau stagnante et la pauvreté chimique de certains sols sont parfois des obstacles majeurs à la réussite d'une plantation. On peut y remédier par le drainage et la fertilisation des sols. Drainage et fertilisation sont des interventions lourdes, coûteuses ou délicates. Il convient de les réaliser avec l'aide d'un spécialiste.

 

Les arbres ont besoin d'un volume important de terre meuble et aérée pour développer leurs racines et pourvoir à leurs grands besoins en eau. Sur les anciennes terres agricoles, le travail du sol présente des avantages suffisamment importants, pour que le boiseur en envisage l'exécution. Il améliore la pénétration racinaire et l'aération.

 

 

Réaliser le boisement


 

La reprise et la croissance d'un plant forestier sont tributaires de la qualité des manipulations effectuées entre la pépinière et le site à boiser : arrachage, conditionnement, stockage, transport et livraison des plants. Par ailleurs, l'ensemble des soins apportés à leur mise en place conditionne naturellement la réussite du peuplement. Il ne faut donc pas chercher à économiser sur l'installation des plants mais tout faire pour éviter au contraire les dépenses supplémentaires qu'engendrent toujours de mauvais soins : multiplication des regarnis et des dégagements dans tous les cas.

 

  

 

Toute nouvelle essence forestière introduite attire le gibier. Même si la densité d'animaux n'apparaît pas excessive, les jeunes plants peuvent être attaqués par le gibier. Il est indispensable de protéger la jeune plantation. Le diagnostic cynégétique a pour objet d'analyser la présence éventuelle de gibier à proximité du futur boisement. La détermination de l'animal responsable des dégâts est un préalable indispensable à la plantation et au choix d'une méthode de protection. Cette analyse doit être réalisée avant de boiser et c'est uniquement en protégeant les plants forestiers dès la plantation, qu'on obtiendra une protection efficace.

 

 

Entretenir le bois


 

La lutte contre la concurrence des adventices s'effectue classiquement grâce à des dégagements qui doivent débuter après la plantation. Les dégagements ont pour but de libérer les jeunes plants de toute végétation naturelle susceptible d'entraver leur croissance. Selon la végétation à éliminer, on distingue :

 

  • le désherbage : destruction des adventices herbacées
  • le débroussaillement : destruction des repousses arbustives

 

     

 

Les entretiens manuels, mécaniques et chimiques seront localisés préférentiellement au pied des plants. Au cours du temps, des passages sur les interlignes de plantation sont réalisés. En limitant la concurrence des adventices, le paillage améliore la reprise des plants, accélère leur croissance et réduit les entretiens.

 

Durant les premières années, les jeunes plants sont exposés à de multiples dangers de nature physique ou biologique. Les dangers météorologiques (chaleurs ou froids exceptionnels, gelées, sécheresses) frappent particulièrement les boisement de terres agricoles, surtout dans les stations exposées sur les plateaux et dans les fonds de vallées. Par ailleurs, les plantations en zone agricole doivent souvent être protégées des dégâts d'animaux domestiques et sauvages. Pour éviter les parasites et maladies, la lutte préventive est toujours conseillée.

 

Pour produire du bois d'oeuvre, l'objectif est de former une bille de pied droite, sans noeuds et aussi longue que possible :

 

  • les tailles de formation consistent à supprimer, dès le début de la croissance des arbres, les fourches et les grosses branches redressées qui concurrencent la tige principale
  • les élagages visent à couper les branches, mortes ou vivantes, au ras du tronc, jusqu'à la hauteur de bille souhaitée
  • les émondages suppriment les branches qui apparaissent tardivement sur les troncs, appelés "gourmands"

 

 

La vigueur des arbres d'avenir, l'équilibre de leur cime et le gainage de leur tronc par un sous-étage limitent ces interventions.

 

 

Ouvrages :

Guide pour la plantation de haies, 1996 - DGARNE, Brochure technique n°3 - 81 pages

Des haies pour demain (3ème édition), 2008 - PERCSY Christiane - Collection Nature et Forêts n°1 - Service public de Wallonie - 64 pages

 

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